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Qui n’a pas entendu dire des mamans à leurs enfants : « Tu dois manger de la viande, cela fait grandir »…..

« Il existe peu d’ouvrages spécialisés en langue française sur la cuisine végétarienne pour enfants. C’est bien dommage car recettes et conseils diététiques seraient fort utiles aux mamans végétariennes souvent un peu stressées par les pressions de leur entourage.

Il faut savoir qu’en Angleterre et aux États-Unis où l’on a plus d’expérience de ce régime, les ouvrages médicaux et grand public attestent du bien-fondé d’un régime ovo-lacto-végétarien pour la croissance des enfants (1)

Les recommandations portent surtout sur la diversité et la qualité des ingrédients utilisés. Les études montrent que les enfants végétariens ne présentent aucune carence spécifique et ont une croissance comparable aux autres enfants, avec des performances sportives et intellectuelles identiques.

En revanche, ils sont, comme leurs parents nettement moins sujets à certaines affections comme l’obésité, les caries ou le diabète. Ces études dévoilent que la majorité de ces parentes ignorent les règles diététiques de complémentarité des protéines, d’assimilation du fer, etc…

L’équilibre nutritionnel des enfants végétariens se fait donc naturellement, sans calculs compliqués par une alimentation variée et saine.

Une constatation on ne peut plus rassurante et qui devrait tranquilliser les mamans débutantes : point n’est besoin de connaissances diététiques, de compléments alimentaires ou de calculs savants pour avoir des enfants végétariens en pleine forme. Alors pas de stress si l’on mange un peu trop souvent des pates ces temps ci, si Manon décide qu’elle n’aime plus du tout le Tofu ou si Raphael ne finit jamais son assiette…

L’équilibre nutritionnel ne se fait pas sur un repas mais sur la semaine entière et il n’y a pas d’aliment miracle. »

Garance LEREUX, auteur de ce texte s’est aperçue très vite que ses filles appréciaient un nombre d’ingrédients bien plus important que leurs camarades « carnivores ». Leurs légumes préférés ne se limitent pas aux frites et petits pois sucrés et cela donne à Garance LEREUX la possibilité de composer des assiettes très variées.

1) Dxyer, J.T et al 1982, Nutritional status of vegetarian children American Jnl of Clinical nutrition. Tayter, Mr and Stanek, KL 1982 Anthropometric and dietary assessment of omnivore and lacto-ovo-vegetarien children Jnl of the American dietetid Association

Garance LEREUX continue …

« L’assiette composée présente un attrait particulier pour les enfants, couleurs et formes attisent leur appétit et leur curiosité. On peut y introduire plus facilement des légumes qu’ils ne connaissent pas, ils gouteront plus volontiers que s’il s’agit d’un grand plat ou d’un accompagnement.

Une céréale (quinoa, riz ou couscous), une légumineuse (lentilles corail ou pois cassés en sauce par exemple), des crudités râpées (carottes, betteraves, tomates….) et enfin un légume cuit vapeur arrosé d’une crème soja ou d’une bonne huile, parsemé de raisins secs ou de noix (brocoli, potiron) «

Rien n’empêche bien sur une pizza ou des sandwiches végétariens et pas simplement de la cuisine un peu préparée.

 Donc, vive les céréales, légumineuses, pates bien sur, quinoa, lentilles corail, petits pois…, « Farines et flocons de légumineuses et de céréales permettent de fabriquer rapidement des crêpes et galettes moelleuses. »

 Le tofu, bien accommodé (tofu à la moutarde douce, tofu mariné…) est plébiscité.

Les nutritionnistes recommandent (pas tous) de ne pas en abuser avant la puberté car il est riche en phyto-œstrogènes et pourrait influer sur la croissance des enfants. Dans le doute….

La modération s’impose (surtout si il est consommé beaucoup de plats achetés tous enrichis de lécithine de soja).

La lentille est une légumineuse riche en fer, en fibres, en protéines et de surcroit « bien de chez nous ». Elle cuit vite, elle se conserve bien et on peut l’accommoder dans de nombreuses recettes.

Les oléagineux posent généralement peu de problèmes. Les enfants adorent les amandes, noisettes, cajou…Ils seront proposés en poudre ou en purée pour les plus petits.

Pour les régaler aussi avec des légumes, mieux vaut jouer avec les couleurs, les mariages inattendus de textures, de formes et de saveurs afin d’exciter leurs papilles et leur imagination.

UNE EDUCATION AU GOUT ET A LA DIVERSITÉ

Eduqués très tôt au changement (le lait de la maman n’a pas 2 fois le même gout), il semble que les enfants longtemps allaités apprécient mieux la variété (ce qui tombe bien puisque les enfants végétariens sont statistiquement allaités plus longtemps que les autres, il faut dire que les mamans n’ont pas de problèmes de lait !) Ils peuvent également aborder le solide autrement qu’en « purée » et se préparent ainsi à apprécier d’autres textures. Sucer une feuille d’artichaut ou un morceau de fenouil, c’est bon pur le goût et les gencives !

Enfin, n’oubliez pas les soupes, une solution pratique pour leur faire manger à peu près tous les légumes possibles (même les algues ou les graines germées). Les flocons de légumineuses que l’on trouve facilement en magasins bio pourront enrichir ces soupes et les transformer en veloutés.

Pour conclure, rappelons-nous que les gouts changent au cours de la vie : qui n’aimait pas les épinards à 2 ans en raffole à 8. Acceptons que les enfants, végétariens ou non, aient le droit d’aimer ou de ne pas aimer les légumes.

Evitons de fabriquer de toutes pièces des présupposés sur le gout de nos chers bambins végétariens, préjugés qui les influenceront, c’est certain. Gardons-nous bien de construire ces « menus enfants » tristes et uniformes que l’on trouve sur les cartes des restaurants traditionnels. »