L’OREALTests sur animaux : bientôt une alternative plus fiable et éthique

Pour diagnostiquer la dangerosité d’un produit chimique, le test sur animal est obligatoire. Le biologiste Christophe Furger affirme avoir conçu une alternative utilisant des cellules humaines, à la fois plus éthique, plus fiable et plus économique.

Par Paola De Rohan-Csermak I Publié le 21 Février 2019

 

 

Des millions de rats de laboratoire pourraient être épargnés grâce au test LUCS. (Crédit : Shutterstock/Kirill Kurashov)

Un lapin blanc est immobilisé sur une table de laboratoire ; une main gantée de latex écarte ses paupières pour injecter dans l’œil exorbité le contenu d’une seringue. Une image difficile, justifiée « à tort » par la recherche scientifique. C’est ce qu’affirme le biologiste cellulaire Christophe Furger, invité à débattre de l’utilisation des animaux en recherche, le 17 janvier à l’Assemblée Nationale.

Ce chercheur au sein de l’unité toulousaine du CNRS et le biophysicien Jean-François Tocanne ont développé pendant près de 10 ans un test de toxicité aiguë sur cellules humaines, fondé sur la lumière, baptisé LUCS. Les données obtenues ont prouvé que leur technologie était plus fiable, moins chère et beaucoup plus rapide à réaliser que le test sur rongeur, obligatoire pour diagnostiquer la dangerosité d’une substance chimique. Cette alternative fait l’objet d’une procédure de validation, baptisée Valitox.

 

Une cellule intoxiquée réfléchit la lumière

« Nous ne sommes pas des rats de 80 kg, comme disait Thomas Hartung,  toxicologue allemand ! La science moderne l’a démontré : nous avons les mêmes types d’organes (cœur, foie, poumon, etc.), mais nous n’avons pas les mêmes métabolismes. Et ils sont différents d’un animal à l’autre. Il m’a donc semblé évident de mener des tests de toxicité sur cellule humaine, la plus petite unité fonctionnelle du vivant « , explique Christophe Furger.

La technologie LUCS (pour Light Up Cell System) exploite le principe de la fluorescence : des flashes lumineux, projetés sur des cellules, permettent de révéler le potentiel toxique d’une substance chimique. Si la cellule est saine, elle est capable d’absorber la lumière. Intoxiquée, elle la réfléchit, à cause de l’espace libéré entre les molécules de l’ADN abîmé. L’équipe de Christophe Furger a testé ainsi 53 molécules chimiques.

Et en comparant les données obtenues avec celles fournies par les centres antipoison européens, il s’est avéré que le test sur cellule humaine était fiable à 75 % environ quand le test animal ne l’était qu’à 65 %. Ces résultats seront prochainement publiés dans une revue scientifique – nous n’en saurons, pour l’instant, pas davantage.

 

Impression 3D de tissus humains

L’objection principale à lever : une cellule isolée n’est pas représentative de l’organisme dans son ensemble. Aussi Christophe Furger s’est-il rapproché de plusieurs laboratoires, spécialisés dans la reproduction du vivant à partir de simples cellules de peau, pour obtenir des données plus rigoureuses.

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